Attention, supporter Arsenal nuit gravement à la santé ! (Chelsea 2 Arsenal 1)

Il se trouve que j’ai eu un ennui de santé il y a peu de temps. Je fus donc transporté aux urgences du Charing-Cross hospital, dans le bourough de Hammersmith-Fulham. Cet hôpital est situé à environ un kilomètre de trois stades de premier league : Stamford Bridge (Chelsea), Craven cottage (Fulham) et Lotus Road (QPR).

Une fois entré à l’hôpital, on a tous le même but, rentrer chez soi, le plus vite possible, et pas les pieds devant, de préférence. Ma motivation était décuplée : hospitalisé depuis le jeudi soir, il était hors de question que je manque le match Arsenal-Manchester City, le dimanche à 17h. Je n’avais pas de billets, mais le match était retransmis sur Sky Sports, chaîne à péage à laquelle je suis abonné.

Les services d’urgence des hôpitaux anglais à Londres sont plutôt de bon niveau. La médecine y est à peu près de la même qualité qu’en France, les médecins sont très gentils, il y a aussi beaucoup de femmes médecins jeunes et jolies, ce qui ne gâte rien. Tout est gratuit. Les infirmières, en revanche, je suis désolé de le dire, sont assez loin des fantasmes masculins popularisés par les films érotiques, ce ne sont pas des rousses souriantes nues sous leur blouse, très loin de là, mais elles aussi font très bien un travail très difficile.

Bref, j’étais bien traité, mais d’examen complémentaire en examen complémentaire, à force d’entendre « on préfère vous garder en observation », je commençais à m’inquiéter : allais-je rater le match Arsenal-City ?

La première nuit, on m’avait installé dans une chambre seul, avec une télévision, mais l’hôpital n’avait pas Sky Sports, de toute façon. Et depuis le deuxième jour, on m’avait déménagé dans une chambre à cinq lits, sans télévision, avec à ma gauche un vieux monsieur complètement entubé qui gémissait et paraissait au plus mal, et à ma droite, un autre vieux monsieur, qui s’appelait John, qui demandait sans cesse à boire et à manger, et à qui les infirmières répondaient, le pauvre, « John, you know doctors have said you could not drink or eat for the moment, but do not worry, we give you everything you need ». Je n’avais donc personne à qui parler football. Ma docteur préférée, une certaine Debbie, semblait s’intéresser plus à ma tension qu’au football, et je n’avais pas osé lui dire qu’il fallait que je sois chez moi dimanche, pour le match.

Le vendredi soir, grosse tuile, une des chefs médecins, une jeune femme d’origine indienne, de trente cinq ans environ, très compétente, m’expliqua, comme Guy Bedos le dit au mari de sa patiente, dans « Un éléphant ça trompe énormément », que je n’avais rien, mais qu’elle préférait me garder. Elle voulait dès lundi me soumettre à plein d’examens complémentaires. Il y avait de grandes chances que l’on ne trouve rien, mais elle préférait. Je devais rester en observation tout le week end, puisque les examens reprenaient lundi. Adieu le match.

Coup de théâtre inattendu le samedi matin. Le chef de service de garde passa me voir avec deux internes. Je plaidai ma cause, puisque je préfèrais évidemment voir Arsenal jouer et prendre un risque énorme sur ma santé plutôt que de passer au moins deux nuits de plus dans cet endroit. J’expliquai que l’hôpital me stressait, et puisque l’on me disait que le stress était mauvais, il fallait me libérer. Le médecin désavoua sa collègue et me dit « ok, vous partez aujourd’hui ». Malgré cela, je ne pus quitter l’hôpital qu’à minuit, le temps pour la machine bureaucratique d’appliquer la décision médicale.

Pendant ce temps, un médecin était venu me voir pour me demander si j’accepterais de participer à un test scientifique qu’il supervisait. Etant au lit à l’hôpital, donc en situation psychologique défavorable, je n’osai dire non. Son chercheur, un sikh anglais barbu passa me voir ensuite et acheva de me convaincre en me disant que l’autre chercheur, une jeune ukrainienne était particulièrement « lovely ». Je lui demandai alors quelle équipe de football il supportait. Une question tout à fait normale en Angleterre. Si en France vous demandez à un inconnu « quelle équipe supportez-vous? », on vous prendra, au mieux, pour un fou. En Angleterre, c’est une question normale et polie qui permet d’engager la conversation. Il me répondit « Arsenal ». C’est la réponse la plus fréquente à Londres. On trouve des supporters de Chelsea, Tottenham , et même Liverpool et Manchester United. Ou souvent West Ham pour les chauffeurs de taxi. Mais Arsenal est plus fréquent. Ce chercheur commençait à me plaire. Il m’emmena dans une salle où m’attendait l’autre chercheuse en thèse à Impérial College, une ukrainienne d’une vingtaine d’années, qui était effectivement lovely, et même beaucoup plus que cela. Je fis taire le DSK en moi qui ne demandait qu’à sortir, et me prêtais à deux heures de test. Pendant lesquelles nous parlâmes football.

La chercheuse raconta qu’elle préférait le côté familial de Stamford bridge à l’immensité des Emirates. Son père l’avait emmené dans les deux stades voir le Shapour Donetsk, en champion’s league. Son héro était Chevtchenko, évidemment.

L’autre chercheur, le barbu, me raconta son amour pour Henry, et sa vénération (que je partage) pour Wilshere. Il avait filmé sur son portable, le but du retour de Thierry Henry, car il était ce jour là derrière le but. Mais voilà, un soir de beuverie, il avait perdu le portable dans le bus en rentrant chez lui, perdant cette vidéo et les seules photos qu’il avait de son ex. Je lui dis évidemment « pour l’ex, ce n’est pas grave, mais pour la vidéo de Henry, il n’y a pas de mots ». Il me dit que l’ex c’était très important pour lui. Un grand sentimental, comme souvent les supporters d’Arsenal.

Je leur racontai ma joie de quitter l’hôpital et de voir Arsenal-City. Ils me mirent en garde. Leur expérience leur disait que c’était trop dur d’aimer Arsenal. Trop de défaites, trop de déceptions.

Dans le cadre de leur doctorat, ils voulaient proposer aux services d’urgence des hôpitaux londoniens de nouvelles recommandations, notamment après les accidents cardiaques et vasculaires : arrêt de la cigarette et de la drogue, moins de cholestérol, exercice physique régulier, et changer d’équipe si l’on supporte Arsenal. Comme je leur indiquais qu’il était très difficile de décider d’aimer une autre équipe, ils m’expliquèrent qu’ils proposaient de donner aux patients un petit livre : « apprenez à aimer Manchester United », avec plusieurs rubriques, comme « non Sir Ferguson n’est pas un gros plouc, c’est un grand entraîneur ».

Je les pris pour de jeunes chercheurs originaux et un peu fous.

Manchester City – Arsenal, 13 janvier : 2-0

Pourtant, le lendemain, en regardant le match, je dus me rendre à l’évidence. Ils avaient raison. L’arbitre, M. Dean (rien à voir avec Mister Bean) tua le match dès la cinquième minute en accordant un pénalty (arrêté par Szczezny) et en expulsant en même temps Koscielny, double peine absurde que les arbitres aiment souvent infliger à Arsenal. Deux buts et vingt minutes plus tard (Milner, Dzeko), City menait 2-0 et dominait tranquillement. Le score n’évolua pas et je me dis : « était-ce vraiment une bonne idée de risquer sa vie pour voir ce match ? ». J’aurais mieux fait de rester à l’hôpital et de subir les examens complémentaires.

Chelsea – Arsenal, 20 janvier : 2-1

Une semaine plus tard, derby à Stamford Bridge. Chelsea accueille Arsenal, sous la neige. Fulham road est recouverte de neige. Je suis au chaud chez moi, n’ayant pu avoir un billet.

Les cimetières de Fulham et Brompton sont blancs, les tombes menacent de s’effondrer sous 8 centimètres de neige. On a une très bonne vue du cimetière de Fulham de l’hôpital, et une excellente sur celui de Brompton, des escaliers côté est du stade de Stamford Bridge. Pour une promenade, je recommande Brompton, plus joli, on peut même y faire du vélo. Mais pour vous faire enterrer : Fulham est plus calme. A Brompton, vous serez dérangé, avant et après chaque match de Chelsea par des milliers de spectateurs marchant entre Old Brompton road et Fulham road.

Comme tout le peuple des gunners, j’y crois. Chelsea reste sur trois matchs sans victoire à la maison. La dernière fois que je suis allé à Stamford Bridge, j’ai vu Chelsea perdre 2-0 contre Swansea, en carling cup, malgré un Hazard de niveau mondial, mais avec un Torres de niveau championnat senior du dimanche de la Creuse. Benitez l’avait remplacé par Demba Ba à la 80ème, et Ba en avait fait plus en 10 minutes que Torres depuis des mois, notamment en marquant un très joli but refusé pour un hors jeu imaginaire. Arsenal manque de chance, mais Benitez aussi.

Tout se présente vraiment bien. Arsenal joue à 11 contre 10, en supériorité numérique, puisque Bénitez a étrangement de nouveau titularisé Torres. Gervinho est à la CAN avec la Côte d’Ivoire, donc il ne joue pas avec Arsenal. Seul souci : Chamberlain, Arteta et Podolski sont blessés. Même Diaby va enchaîner un troisième match sans blessure, c’est dire si la confiance est grande.

Au bout de trois minutes de jeu, superbe passe, qui aurait du être décisive, de Walcott à Giroud, qui seul face à Cech, rate le cadre. Giroud n’est pas Van Persie. Deux minutes plus tard, Coquelin est victime d’une agression de Ramires, l’arbitre oublie de siffler, normal, c’est Arsenal, et Mata passé dans le dos de Mertesacker, un des défenseurs les plus lents au monde, devance Sagna et marque.  Un pénalty (contestable) est ensuite (sans surprise) sifflé contre Arsenal, et transformé par Lampard. Malgré un très bon début de seconde mi-temps, et un beau but de Walcott sur une passe de Cazorla, Arsenal ne reviendra pas. Il est vrai qu’à partir de la 60ème minute, l’équilibre a été rétabli, Arsenal aussi a joué à 10, puique le catastrophique Ramsey a remplacé Coquelin, blessé. Ramsey, un des rares joueurs de premier league qui a l’air aussi perdu sur un terrain de football que Fernando Torres.

Finalement, la méthode de Wenger est en train de trouver ses limites. Vendre systématiquement ses meilleurs joueurs, et notamment ne pas avoir de gardien ou d’avant-centre de classe mondiale pèse sur les résultats, malgré la qualité de coaching d’Arsène. Arsenal est à 11 points de Chelsea, troisième, et à sept points de Tottenham. Liverpool a maintenant le même nombre de points qu’Arsenal.

Les chercheurs avaient raison : en convalescence il est fortement déconseillé de supporter Arsenal.

A quand un avertissement sur les maillots d’Arsenal ?

ATTENTION, SUPPORTER ARSENAL NUIT GRAVEMENT A LA SANTE !

5 commentaires

  1. MAN UNITED, CITY et CHELSEA sont protéger en premier league, il faut absolument que ce soit ces trois équipes sur le podium…..et j’ai l’impression de que il faut absolument que arsenal ne puisse pas jouer les 3 premières places! L’arbitrage souvent contre arsenal dans les matchs important et surtout les gros matchs montre bien que arsenal dérange! ARSENAL dérange car ARSENAL fait des bénéfices et avec un effectif assez jeune joue aussi bien voir mieux que ces équipes là et arrive chaque année à terminer sur une place pour la ligue des champions! MIKE DEAN 17 dernières rencontres où il a arbitré ARSENAL, ARSENAL n’a remporté que un seul match….. cette statistique montre bien que l’arbitrage est dirigé, alors que le corps arbitral doit être neutre! Cela est démontré aussi par le fait que l’arbitre de dimanche du match CHELSEA-ARSENAL qui soit dit en passant a aussi arbitré le match aller a multiplié les erreurs favorable à CHELSEA dès la 4eme minute! Quand on voit que le premier carton pour un joueur de CHELSEA ( MATA ) intervient à la 80 eme minute je trouve sa assez HONTEUX au vue du nombre de faute répéter….tandis que ARSENAL en à écopé de plusieur largement avant cela! COQUELIN sort sur blessure après de multiple faute, mais il s’est bléssé tout seul selon l’arbitre car il ne sanctionne personne! Comment un arbitre peut arbitré le match ALLER puis le match RETOUR en faisant autant d’erreur d’arbitrage toujours dans le même sens sans que aucune emission sportive ne critique l’arbitrage contre ARSENAL! Si ARSENAL ne termine pas en C1 on saura pourquoi! Comme en C1 ou ARSENAL dérange aussi vraisemblablement car cela fait plusieurs saision de suite ou ARSENAL doit toujours tomber contre le FC BARCELONE! Cet année ARSENAL doit jouer le BAYERN MUNICH er si ARSENAL a la chance de passer ARSENAL joue BARCELONE! L’année dernière MILAN AC et si arsenal passer BARCELONE! Plus les 2 saison précédente (il me semble) ou arsenal avait déjà jouer BARCELONE! Il n’y aura jamais de FAIRPLAY FINANCIER EUROPEEN car si cela arrive ARSENAL SURVOLERA la C1 car 90% des grands clubs comme FCB, MAN U, CITY… ne seraient pas autoriser à la jouer! COME ON ARSENAL!

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  2. J’ai eu beau chercher des exemples dans d’autres pays (Lille, Real Madrid, les deux Milan…), aucun n’arrive à la cheville d’Arsenal, c’est vrai.
    A part ça, un bon papier d’Erik Bielderman dans L’Equipe Mag ce week-end qui revient sur le rôle qu’a joué David Dein, vice-président d’Arsenal jusqu’en 2007. Depuis qu’il est parti, c’est… compliqué.

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  3. Merci pour cet article qui me rappelle bien mon ressenti sur ces deux matches.
    Les seuls points sur lesquels je ne suis pas d’accord concernent le foot en lui même. D’une part sur le but de mata c’est plutôt sagna qui est à incriminer. Il a peut-être d’ailleurs fait son pire match sous les couleurs d’arsenal. D’autre part, je ne comprend pas l’acharnement contre aaron ramsey. Je vois partout des supporters écrire sur ce joueur en le définissant comme la source des problèmes. Vu son temps de jeu, j’ai du mal à comprendre. Il a une qualité de passe indéniable. La saison dernière il était impeccable dans l’enchainement des matches. Personne ne parle de cazorla car on est encore hypnotisé par son début de saison (y’a de quoi), mais depuis décembre, il me paraît fatigué, lent, soliste et imprécis.
    Supporter arsenal nuit à notre santé car, comme les joueurs, on finit par s’habituer à marcher tête basse.

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    1. Cher M. Silvère, merci beaucoup pour votre excellent commentaire : un vrai spécialiste d’Arsenal sur ce site! J’ai été touché par votre critique (justifiée) sur Ramsey, vous avez raison, je participe un peu au « lynchage » de ce jeune joueur, et je n’ai pas de quoi être fier. Pourtant, poussé par mon fils qui le déteste, j’ai récidivé dans mon dernier post (Réveille-toi! Wenger a acheté Ronaldo). Il est vrai que ses dernières prestations ne m’ont pas convaincu. Je pense que Wenger ne l’est plus également : il jouait parce qu’Arteta était blessé et qu’il fallait ménager Diaby. Cela dit, je ne suis jamais à l’aise quand je fais des blagues « méchantes » comme cela contre un joueur, espérons qu’il ne lit pas le français! Come on Arsenal. Au plaisir de vous lire sur notre site!

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  4. Pendant le dernier euro en Pologne, le nombre d’evenements cardiovasculaires pendant les matchs de la Pologne etait 2 fois plus eleve qu’a l’accoutumee. 3 fois plus eleve le soir de Pologne Russie. Je tiens des donnees epidemiologiques a votre disposition.
    A noter que cette observation n’est pas nouvelle et qu’on l’avait observee empiriquement de longue date et demontree scientifiquement auparavant pour la premiere fois lors de la coupe du monde 2006 en Allemagne.

    Vos medecins anglais avaient donc raison.

    En revanche ils auraient pu eviter de vous presenter cette chercheuse Ukrainniene de 20 ans, qui est egalement, dans votre etat, une contre indication claire, classiquement validee par les guidelines de la societe europeenne de cardiologie et par le NICE.

    Le comble du risque : un supporter d’Arsenal, d’origine Polonaise, devant un match Arsenal-Pologne, en compagnie d’une chercheuse Ukrainienne. Mais ou donc jouerait Szczseszny?

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